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L'autre comprend les objets fabriqués, connus sous la dénomination
générales de quincaillerie.
En fait, dés le XIIIème siècle, le terme de quincaillerie
apparaît dans le livre des métiers d'Etienne Boileaux,
prévôt de Paris au temps de Louis IX. "Tous marchands
vendant quincaillerie comme pots de terre, escuelle, plateaux, vans
doivent
chacun quatre deniers parisis." Par cette énumération
on voit que dès l'origine du métier, le marchand quincaillier
ne vendait pas seulement des objets usuels en métal mais
tout ce qui était nécessaire à l'usage domestique.
Le sens parfois péjoratif de cette appellation doit être
démenti, car on sait aujourd'hui que les grands fabricants
de serrures du XIX et XX siècle, les Bricard, Vaillant, Fontaine,
Fichet sont les vrais successeurs des quincailliers marchand dont
la corporation pour avoir été moins prestigieuse que
celle des serruriers, n'en était pas moins indispensable
à la vie quotidienne des citoyens.
L'histoire des métiers parisiens jusqu'au XVIII siècle
est pleine de querelles de préséance, de prérogatives,
de procès et d'appels au roi pour limiter
la concurrence entre les artisans du fer. Ces querelles étaient
pour la plupart commencées par les maîtres-serruriers
soucieux de protéger leurs privilèges. En 1537, à
la demande des gardes du métier, le roi Henri II accorda
des lettres patentes aux serruriers, stipulant que les "ferronniers,
merciers et marchands faisant et exerçant train et trafic
d'ouvrages dépendant et concernant le métier ou manufacture
de serrurerie seront sujets à la visite des jurés
serruriers". Ces marchands mercier vendaient le fer en barre,
le plomb, le cuivre, des objets de coutellerie et de quincaillerie,
jusqu'à des cadenas et certaines serrures. Leur statut fut
confirmer par le roi Louis XIII en janvier 1613. Le 12 mars 1677,
un arrêt du parlement concernait la visite des jurés
serruriers chez les artisans qui vendaient des serrures et d'autres
objets de quincaillerie.
Cet arrêt est ainsi conçu : "la cour a maintenu
et gardé aux maîtres serruriers au droit de visiter
deux fois l'année les boutiques et maisons des dits marchands
merciers , les ouvrages de serrures, gonds, pattes, verrous et fiches
qui s'appliquent tant aux portes qu'aux fenêtre des maisons
seulement, suivant et conformément à l'arrêt
du 26 juin 1638; à la charge par les jurées serruriers
d'appeler un garde des dits marchands merciers pour assister avec
les dits jurés à ladite visite sans frais. Fait défense
aux dits serruriers de visiter les autres ferrures , ni de vendre
et débiter aucune marchandises de serrurerie que celles qu'ils
auront fabriquées dans leurs maisons et boutiques.
A maintes reprises, et encore en 1776, des ordonnances de police
furent édictées, pour défendre aux ferrailleurs
de réparer de vieilles clés, d'autres articles stipulant
même que l'on devait rapporter à la police dans la
quinzaine, toutes les clés vieilles ou neuves dépourvues
de leur serrure sous peine d'amende
"
Les enseignes elles mêmes ne renseignaient pas toujours exactement
le client intéressé par l'achat d'une pièce
de serrurerie. Les maîtres serrurier au dessus de leur atelier
suspendaient souvent une clef, ou deux clefs en sautoirs. Mais ils
n'avaient certainement pas le monopole de cette "affiche".
En 1730, un certain Jean Nolan, marchand quincaillier à Paris,
n'hésitait pas à s'intituler : "entrepreneur
de ferrure et de serrurerie". En 1746, la communauté
des serruriers perdit un procès et dût payer 190 livres
d'indemnités à un marchand ferrailleur du nom de Nicolas
Magny, chez qui elle avait fait saisir du vieux matériel
de clefs, serrures, peinture.
En fait, au delà de ces querelles, la réalité
quotidienne était autre. Serruriers et quincailliers étaient
le plus souvent dépendants les uns des autres que concurrents
sur les marchés de la construction.
De plus en plus les serruriers trouvèrent leur compte à
acheter des serrures toutes faites , et ils en fabriquèrent
de moins en moins. Cependant ils restaient astreints à façonner
une serrure et une clef lorsqu'ils voulaient présenter leur
expérience ou leur chef d'uvre. pour être admis
dans la communauté des maîtres serruriers.
Les causes de l'abandon du fer forgé sont multiples : l'un
des premiers agents de destruction est sans doute la sécheresse
du style classique: terminée les enroulements des acanthes
et des rocailles; le style Louis XV va être taxé de
trop "de légèreté et de libertinage"
et disparaître de la création artistique en ferronnerie,
pour être remplacé par les formes carrés, droites
et régulières que les ornemanistes Neufforge, Moreau,
Forty entre autres mettent à la mode.
Un autre facteur contribue à faire tomber le fer dans l'oubli:
c'est l'utilisation progressive de la fonte malléable et
l'engouement extraordinaire qu'elle suscita dés la révolution
et pendant tout l'empire. Les travaux de Réaumur dès
1722 et ceux de l'académie des sciences pendant le XVIII
siècle sur la transformation du fer permirent à la
fonte malléable de devenir le matériau privilégié
des artisans du métal. Libérée de son surplus
d'oxygène, la fonte de fer était devenue plus facile
à travailler au ciseau et à la lime. En dépit
de la résistance et de nombreux procès intentés
par les serruriers, ceux-ci durent céder le pas aux fondeurs
qui dés la régence surent exécuter palâtres
de serrures, marteaux de porte, plaque décorative, balcons
ou appuis de fenêtres en fonte.
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